24 HEURES AU VILLAGE. Les coulisses d’une première journée pas comme les autres


L’ACTU DU JOUR. Comme un premier top départ
C’est le début d’un nouveau chapitre, d’un nouveau contre-la-montre, d’une nouvelle atmosphère aussi. D’une certaine façon, l’ARKEA ULTIM CHALLENGE – Brest a débuté aujourd’hui et c’est le grand public qui peut enfin en profiter. Depuis l’ouverture officielle du village, à 10 heures ce vendredi, ils sont nombreux à déambuler dans les 11 000 m2 d’exposition et à profiter des nombreux stands, de l’espace d’exposition et de l’atmosphère de course.
Dans l’allée principale, on croise un champion de France cycliste (Valentin Madouas, voir par ailleurs), un ancien skipper de renom (Éric Parlier), plusieurs représentants des partenaires, des élus et de nombreuses familles. Pendant toute l’après-midi, cinq des six Ultims sont arrivés dans le port de Brest, en attendant Tom Laperche, l’équipe de SVR-Lazartigue s’active pour finir les réparations. Pour les autres concurrents, l’arrivée à Brest marque une première étape et les rapproche irrémédiablement du top départ.

L’HUMEUR DU JOUR. Un « teaser » grandeur nature
Certes, le déroulé de la journée avait été légèrement modifié à cause des conditions climatiques. Les skippers ont d’ailleurs tous évoqué les fortes conditions au large, les gros grains et les rafales virulentes lors de leur convoyage. Mais cela n’a rien empêché, ni les images majestueuses de l’arrivée des Ultims dans le goulet de Brest, ni les acclamations nourries du grand public. Mieux, il y avait quelque chose d’inattendu, l’impression que le moment échappe un peu à ce qui était programmé, la sensation que les skippers se rapprochent d’un grand vertige et le grand public avec lui.
Les visages des marins n’étaient pas ceux que l’on voit habituellement sur les pontons à moins de dix jours du départ. Ce n’étaient pas non plus les mots et les expressions habituelles. Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) a tenu à remercier ses aînés à qui il doit tant : «_ je pense à Yves Parlier avec qui j’ai franchi mon premier Cap Horn, à Olivier de Kersauson avec qui j’ai fait mon premier tour du monde, à Laurent Bourgnon avec qui j’ai disputé mes premières transatlantiques_ ». Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) ne voit pas les autres skippers comme «_ de simples compétiteurs mais comme une bande de potes qui part pour une belle aventure_ ».
Alors, quand l’avenir proche est autant rempli d’inconnus, que les émotions qu’il faudra gérer au départ semblent immenses, les marins se tournent tous vers ceux qui les accompagnent, les membres de leur team qui n’ont pas vraiment compté leurs heures. « Les semaines à Lorient n’ont pas été de trop » reconnaît Armel Le Cléac’h (Maxi Banque Populaire XI). Charles Caudrelier a tenu à remercier son équipe – « bravo à eux » - quand Thomas Coville a savouré ce convoyage « _en garde rapprochée _».
De la reconnaissance, de l’introspection et une pointe d’émotion étaient donc palpable sur les pontons. En voyant les yeux presque embués du skipper de Sodebo, le regard déterminé d’Armel Le Cléac’h, le large sourire de Charles Caudrelier, le sens des responsabilités d’Éric Péron (« il y a forcément un peu d’angoisse parce que le chef d’entreprise part en mer»), le léger faux pas d’Anthony Marchand en remontant les pontons, on se dit que l’instant n’a rien de commun. Un sacré aperçu, en somme, de ce de l'immense défi qu’ils s’apprêtent à réaliser.

LE REGARD DE… Valentin Madouas
Champion de France de cyclisme en mai dernier, le coureur s’est rendu au village ce vendredi. « Je suis impressionné par ce que ces marins s’apprêtent à réaliser, confie Valentin Madouas. Le fait de s’élancer autour du monde, seul, est incroyable. L’effort est tellement important, tellement difficile avec des contraintes énormes… Ces marins, on est obligé de les apprécier ! » Le coureur professionnel est resté toute l’après-midi sur le village et a pu saluer l’ensemble des skippers à leur arrivée. « Je ne pourrais pas être au départ parce que je pars en stage mais c’est vraiment un événement que je ne voulais pas rater ! »

L’INFO QUE VOUS NE CONNAISSIEZ PAS SUR… Éric Péron
Il est le dernier à avoir annoncé disputer cette course, en septembre dernier. À 42 ans, Éric Péron ne ne manque pas d’expérience en course au large, en Figaro, en IMOCA et en Ocean Fifty. Pourtant, enfant, Éric assure « n’avoir jamais été vraiment fan de quelqu’un, ni d’un skipper en particulier ». Il y a un an, dans une interview, l’actuel skipper d’ADAGIO expliquait : « ce qui m’intéressait, c’était l’activité en elle-même, la course au large ». Et Éric de poursuivre : « vers 8 ans, je me souviens avoir eu un exemplaire du magazine Régate. Il parlait de voile olympique, de la Coupe de l’America, de records… Je faisais de l’Optimist et ça me passionnait. J’ai dû le lire des milliers de fois ! J’ai aussi gardé un agenda 1991-1992, qui est toujours dans mon salon et dont chaque page était dédiée au Vendée Globe ». Il en faut peu, parfois, pour susciter une passion et avoir cette folle motivation de courir sur les océans.
LE COIN DES PARTENAIRES. Arkéa, « la fierté d’être partenaire titre »
Président du Crédit Mutuel Arkéa et du Crédit Mutuel de Bretagne, Julien Carmona, a tenu a rappelé le sens de l’engagement de son groupe : « c’est une réelle fierté d’être partenaire titre de cette course encore inédite dans la voile. La ferveur du grand public, la passion des skippers et l’innovation technologique des navires résonnent avec nos propres valeurs. Cette course s’inscrit aussi dans la continuité de notre engagement envers le secteur maritime. Déjà présent auprès des professionnels de la mer, nous nous sommes dotés d’une filière maritime afin de promouvoir une économie bleue responsable, mais aussi d’être un vecteur de rêve et d'inclusion via notre présence dans la voile.”