Péron, Le Cléac’h, Caudrelier, Marchand, Coville : leurs réactions à l’arrivée


Éric Péron (ULTIM ADAGIO) : « partir l’esprit tranquille »
« On va essayer de partir l’esprit tranquille en étant sûr que tous les outils sont à bord, que je n’ai rien oublié, même les tablettes de chocolat ! On tente de prévoir tout ce qui peut l’être. Psychologiquement, ça fait plus d’un mois que je suis parti. Là, c’est ma dernière ligne droite à terre avec ma casquette d’entrepreneur. J’ai hâte d’être sur l’eau ! Peut-être qu’il y aura un peu d’émotions dans les derniers jours avant de partir mais là ça va, je suis chanceux. Le bateau est prêt, ça va être ma maison dans les semaines à venir. La partie technique est réalisée, là on va s’attacher à honorer nos rendez-vous avec nos partenaires, la presse, le public. Après, il y aura forcément un peu d’angoisse parce que le chef d’entreprise part en mer mais on s’attache à tout organiser pour être dans les meilleures dispositions pour partir ».

Armel Le Cléac’h (Maxi Banque Populaire XI) : « le bateau est prêt, moi aussi »
« On est content d’être ici. Je ne suis pas surpris qu’il y ait du monde, je connais la ferveur des Brestois, des Finistériens et de tous les amoureux de la mer. On sait qu’il y aura du monde ici jusqu’au départ. Nous avons bien travaillé avec toute l’équipe ces dernières semaines. Le bateau est prêt, moi aussi et on va profiter de la ferveur d’ici, on va partager quelques bons moments avant le grand départ. Il s’agira de mon 4e tour du monde. Je connais le parcours mais pas à bord de ce type de machine très exigeante. Ça fait pas mal de temps que je ne pense qu’à cette course. Je vais rentrer un peu à la maison quelque jours pour garder la bonne énergie et rentrer dans ma bulle d’ici dimanche prochain. Ensuite, ça va monter crescendo. Je suis content d’être à bord de ce bateau qui a été dessiné pour ce tour de monde, pour relever ce grand défi. Ce serait super d’arriver lors de la 2e quinzaine de février ! »
Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) : « j’aime cette ville »
“Ici, je retrouve des amis. C’est à tous ceux qui m’ont aidé à être là que je pense : à Yves Parlier avec qui j’ai franchi mon premier Cap Horn, à Olivier de Kersauson avec qui j’ai fait mon premier tour du monde, à Laurent Bourgnon avec qui j’ai disputé mes premières transatlantiques. Avant de penser au tour du monde, il faut s’attarder sur le chemin parcouru pour arriver jusque-là. Il faut avoir rêver de le faire, construire un bateau, le fiabiliser, y croire ensemble. On vit un moment émouvant. Pendant le convoyage, nous avons profité avec la garde rapprochée entre nous avec l’émotion de savoir que la prochaine navigation, ce sera en solitaire. Ça souriait, ça rigolait, on s’est fait plaisir en se laissant aller un peu trop vite. Brest, j’adore cet endroit. J’ai une histoire avec cette ville, ces records en équipage ou en solitaire… J’aime ces regards, ces anonymes, cette ambiance. Les gens ont compris qu’avec ces bateaux, ils viennent chercher de l’authentique. Et à Brest, il n’y a que ça qui compte."
Anthony Marchand (Actual Ultim 3) : « on est là où on voulait être »
« Nous avons eu des gros grains et pas mal de vent pendant ce convoyage. Ce sont exactement les conditions qu’on voulait avoir pour clôturer notre mois de chantier express avant ce tour du monde. Je suis ravi d’être là, je pense que l’équipe a le sourire aussi parce que tout fonctionne et on se sent prêt. Nous allons essayer de faire une petite navigation dans les prochains jours pour finaliser des petites choses mais on est là où on voulait être. Le public, ça fait bizarre, il y a plus de monde qu’en Figaro (rires). Tu te rends compte qu’il ne faut pas se laisser submerger par l’émotion lors du départ même si je sais que ce sera bizarre le matin du départ. Le but c’est d’avoir le moins d’appréhension possible, il faut du stress mais pas trop non plus. Je vais essayer de me concentrer sur les gens autour de moi pour avoir le moins de pression possible. »
Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) : « l’impression qu’on va vivre un ‘grand truc’ »
“Je suis content d’être là. C’était un beau challenge d’être présent parce qu’on a eu pas mal de soucis sur la Transat Jacques Vabre et lors du convoyage retour. Il fallait tout réparer, l’équipe a bien réagi et le bateau est prêt. Je suis impatient même si j’ai du mal à imaginer qu’on part dans dix jours pour une longue aventure. C’est particulier d’être ici. D’habitude je suis stressé, je me demande si le bateau va aller vite… Là, je me demande plus comment je vais me comporter, j’ai l’impression qu’on va tous faire un « grand truc ». Je ne vois pas les autres comme de simples compétiteurs mais comme une bande de potes qui part pour une belle aventure. J’ai eu des moments compliqués récemment, je me suis posé la question si je voulais y aller. Et en me la posant, je me suis rendu compte que j’étais attaché à faire ce tour du monde. J’en ai toujours rêvé et à 50 ans, je ne l’ai jamais fait, c’est la première fois. »