Ultim, une année de haute volée

Le climat n’était pas vraiment le même, le mercure tutoyait les 30°C, tee-shirts et lunettes de soleil étaient de sortie. Il y a moins de trois mois, en Martinique, les cinq duos en Ultim (Éric Péron, dont la présence à l’Arkéa Ultim Challenge n’a été officialisée qu’en septembre dernier, NDRL) ont tous franchi la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre en l’espace de trois jours, du 12 au 15 novembre.
Au programme : près de 9 200 milles (17 000 km) au cœur de l’Atlantique, en contournant Madère et en bifurquant à Ascension. Il y a eu la victoire du Maxi Banque Populaire XI (Armel Le Cléac’h-Sébatien Josse), première grande victoire du team bleu et blanc depuis la mise à l’eau de leur nouvel Ultim il y a trois ans. « C’est une première à plus d’un titre : première grande victoire pour ce bateau, ma première Transat Jacques Vabre et ma première en multicoque », expliquait alors Armel.
Tom Laperche et le « travail d’orfèvre »
Mais l’autre fait majeur, c’est que tous les duos sont allés au bout. Cinq au départ, cinq à l’arrivée après avoir bouclé l’équivalent d’un tiers de tour du monde. Certes, personne n’a été épargné par les galères. Charles Caudrelier et Erwan Israël ont dû faire face à des soucis techniques : un problème de safran dès le départ, un foil abîmé, une avarie majeure du système de barre… Il a fallu s’accrocher. Combatif, Charles Caudrelier préférait retenir que du positif de cette aventure délicate : «_ Le fait d’avoir des pépins nous a obligé à chercher des solutions_, confiait-il à l’arrivée. J’ai appris plein de choses ! »
À bord de Sodebo Ultim 3, Thomas Coville et Thomas Rouxel ont eu à faire face à « un plan porteur cisaillé par un OFNI » à l’entrée du Pot au noir. « Cette avarie nous a secoués », reconnaissait Thomas à l’arrivée. Pour SVR-Lazartigue, longtemps dans le match pour la victoire avec le Maxi Banque Populaire XI, c’est à l’issue du convoyage retour qu’un problème est apparu. Suite au check-up réalisé à Concarneau, l’équipe technique a décelé une fissure dans le bras avant tribord droit du bateau de Tom Laperche.
Un groupe de travail a aussitôt été constitué entre les architectes, les constructeurs, les calculateurs et le bureau d’études de Mer Concept pour « réaliser ce travail d’orfèvre » expliquait Tom Laperche. Hier, il nous a confié « tout faire pour arriver à Brest vendredi ou samedi, même si nous sommes aussi tributaires de la météo». Et il ajoute : « ça a été une réparation lourde, avec de très nombreuses heures de travail. C’est exceptionnel d’avoir accompli cette réparation en aussi peu de temps ».
Prêts pour le grand défi
Chez Actual, le travail à réaliser était moins conséquent après le convoyage retour. « Le foil bâbord a été amoché tout comme le safran qui a pris un coup, a expliqué Anthony Marchand. Mais ça ne nous a pas empêché de naviguer ». « RAS » aussi chez Banque Populaire où une « inspection détaillée a été réalisée pour vérifier les systèmes, l’armement, l’équipement et l’ensemble des pièces », assurait Ronan Lucas, le directeur du team.
Ainsi donc, tous les concurrents ont pu être prêts afin de rallier Brest à temps et d’être présent au village de l’Arkéa Ultim Challenge. Cette dernière année avant le premier tour du monde en course de l’histoire des Ultim a démontré une dernière fois que les bateaux étaient suffisamment fiables et que l’expérience des marins et des teams est suffisamment grande pour envisager ce défi de géants.
© Alexis Courcoux
